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L’IMPORTANCE DU CALCIUM ET DU MAGNÉSIUM DANS LA RÉUSSITE DE LA PÉRIODE DE TRANSITION

La période de transition est sans doute la période la plus critique quant à la réussite d’une lactation performante. Par conséquent, de nombreux facteurs jouent un rôle crucial dans le succès de cette période : p. ex. le confort et la ventilation, la santé globale des animaux, la qualité des aliments servis ainsi que la stratégie alimentaire utilisée pour la période de préparation au vêlage. Les
facteurs de réussite sont multiples, mais l’objectif ultime est de préparer l’animal à l’augmentation rapide des besoins à un moment où la consommation n’est pas à son maximum. Les besoins sous- entendus ici sont entre autres les apports protéiques et énergétiques, mais également au niveau des différents minéraux tels que le calcium et le magnésium.

Le calcium

Le calcium est impliqué dans certaines fonctions mécaniques telles que les contractions des muscles lisses et squelettiques nécessaires à la mise-bas. Le calcium joue également un rôle important dans diverses fonctions métaboliques telles que la transmission des influx nerveux, la perméabilité des membranes cellulaires, la sécrétion d’enzymes et de protéines, dans les mécanismes de coagulation et de vasoconstriction ainsi que L’importance du calcium et du magnésium dans la réussite de la période de transition dans l’activation des cellules immunitaires. Nous savons que la demande en calcium est très élevée dans les jours entourant le vêlage et donc les rations doivent en contenir suffisamment pour éviter toutes problématiques. Les  contractions de l’utérus nécessaire à l’expulsion du fœtus exercent une pression énorme sur le métabolisme de l’animal qui doit être en mesure de répondre à la demande. Pour ce faire, il faut d’abord et avant tout comprendre les différents mécanismes entourant la régulation, l’absorption et l’utilisation des minéraux par l’animal. Comme tout est une question d’équilibre, l’organisme
de la vache laitière détient plusieurs processus lui permettant d’absorber ou de relâcher du calcium en fonction de ses besoins. Un des paramètres qui régit cette autorégulation du calcium est
la parathormone (PTH) – une hormone sécrétée naturellement par les glandes parathyroïdes lorsque la demande en calcium est grandissante (voir Figure 1).

 

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La PTH a plusieurs rôles :

1. L’un d’entre eux est la stimulation de l’activité des ostéoclastes lors d’une diminution de la calcémie. À leur tour, ces cellules sont responsables de la résorption osseuse afin de libérer le calcium. À l’inverse, les ostéoblastes constituent les tissus osseux en minéralisant les ostéoïdes et donc, ils permettent la formation des os.

2. Un autre des rôles de la PTH est de contrôler indirectement l’absorption du calcium au niveau du système gastro-intestinal via la synthèse de la forme active de la vitamine D (calcitriol). Lorsque la PTH est active, une source de calcium de qualité est primordiale pour répondre à cette demande et rendre ce processus davantage efficace en maximisant la disponibilité pour la
vache. L’hormone calcitriol travaille de concert avec la PTH en permettant également de diminuer les pertes de calcium au niveau des urines lorsque nécessaire.
À son tour, la calcitonine est synthétisée par des cellules de la thyroïde. Il s’agit d’une hormone hypocalcémiante et donc qui joue un rôle antagoniste à celui de la PTH. Cette hormone inhibe
plutôt la réabsorption du calcium au niveau des reins, elle inhibe la résorption osseuse et favorise la formation des os.

Le magnésium

Le magnésium est également essentiel au fonctionnement de plusieurs enzymes, il intervient entre autres dans la formation de l’adénosine triphosphate (ATP) ainsi que dans le transfert d’influx
nerveux. Le magnésium est également primordial à l’intégrité des os et des dents. Tout comme les autres minéraux, le magnésium bénéficie de mécanismes d’absorption bien à lui pour être rendu disponible à l’animal et plusieurs facteurs peuvent affecter ce processus. Le principal facteur est la concentration de magnésium dans le liquide ruminal. Par conséquent, la solubilité de la source de magnésium utilisé dans la ration ainsi que l’apport alimentaire joueront un rôle important. Contrairement au calcium, le magnésium est en grande partie absorbé au niveau de l’épithélium du rumen une fois soluble et ce processus n’est pas directement régulé par une hormone. Toutefois, l’aldostérone, sécrétée par les glandes surrénales, exerce une action indirecte sur
la régulation du magnésium en régissant l’excrétion du magnésium via les urines. Le principal rôle de l’aldostérone est davantage au niveau de la régulation de la concentration en sodium et en
potassium de la salive et dans le rumen.
Tel que mentionné précédemment, comme l’absorption du magnésium est indépendante de l’action d’une hormone, il est primordial que l’apport alimentaire soit suffisant. Autrement, l’animal n’a pas l’opportunité d’en puiser dans ses réserves osseuses afin de maintenir son homéostasie. Tout comme le calcium, le magnésium est un minéral essentiel à la réussite de la période de transition et il fait partie des facteurs les plus importants pour la prévention de la fièvre de lait. Le magnésium participe activement à l’homéostasie du calcium en influençant l’absorption de ce dernier et ce rôle est d’autant plus important lorsque la stratégie anionique est employée. L’utilisation de sels anionique en préparation au vêlage active la libération de la PTH. Un déficit en magnésium rend entre autres l’organisme et les tissus cibles moins réceptifs à cette hormone hypercalcémiante. Le magnésium est également impliqué dans la synthèse de la forme active de la vitamine D (calcitriol). Par conséquent, un manque de magnésium augmente drastiquement les risques de fièvre de lait.
Pour conclure, toutes les sources de minéral disponibles n’ont pas la même biodisponibilité. De plus, certains éléments peuvent interférer avec l’absorption d’autres éléments
essentiels. Par exemple, des rations riches en potassium peuvent limiter l’absorption du magnésium. Ces aspects sont donc à prendre en considération lors de la formulation des rations et dans le choix de la stratégie nutritionnel à appliquer à la ferme. La réussite d’une lactation performante est assurément multifactorielle. Toutefois, la période de transition est décisive pour la santé de la vache ainsi que pour la production des mois à venir. Mettre l’emphase sur cette période du cycle de production est donc un choix judicieux.

Gabrielle L. Dumas, agr., DCL nutrition + santé animale

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