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MAÎTRISER LA RÉGIE ALIMENTAIRE POUR MAXIMISER LES PERFORMANCES DE SON PROGRAMME ANIONIQUE

EN BREF

Des solutions afin de prévenir les risques de maladies métaboliques telles que l’hypocalcémie clinique et l’hypocalcémie subclinique, qui peuvent influencer grandement le succès entourant le vêlage.

Depuis quelques années, les impacts de l’hypocalcémie clinique et de l’hypocalcémie subclinique sur les performances des troupeaux laitiers sont davantage compris des différents intervenants en production laitière. Au sein des troupeaux laitiers nord-américains, l’incidence de l’hypocalcémie clinique, plus communément appelée la fièvre de lait, s’élève jusqu’à 7 pour cent.
Ayant des symptômes assez caractéristiques, il est plutôt facile pour les producteurs de la déceler.

De son côté, l’hypocalcémie subclinique est présente dans plus de 50 pour cent des cas suite au vêlage et son impact est beaucoup plus sournois, car les symptômes y étant
associés sont de loin moins visuels. Les rétentions placentaires, métrites, déplacements de caillette, pertes de production laitière sont entre autres des problématiques reliées à l’hypocalcémie et ayant un impact financier important sur l’entreprise.
En tant que producteur ou nutritionniste, diverses stratégies pour limiter cette problématique sont à votre disposition. Travailler avec de hauts ou de bas apports de calcium alimentaire fait  partie de ces possibilités. Également, minimiser l’apport en potassium aide souvent à limiter les problématiques au vêlage.

Toutefois, il n’est pas nécessairement possible d’appliquer ces stratégies chez tous les producteurs et elles ne permettent pas toujours de travailler efficacement au niveau de l’hypocalcémie subclinique. Il est donc important d’avoir plusieurs solutions dans sa boîte à outils afin de faire face à toute éventualité.
L’utilisation de la différence alimentaire cation-anion (DACA) négative en préparation au vêlage est la stratégie la plus reconnue de l’industrie laitière pour permettre de maximiser la libération du calcium osseux grâce à une parathormone (PTH) plus active en début de lactation qui rend ainsi la vache le plus autonome possible lorsque la demande en calcium augmente.

Offrir une ration anionique aux vaches en préparation au vêlage permet donc de limiter le développement des maladies métaboliques, de maximiser la consommation ainsi que d’obtenir une production laitière optimale. Pour ce faire, l’utilisation d’une source anionique appétante est recommandée afin de maximiser la consommation durant cette période critique.

En fonction du dosage d’anions, cette stratégie alimentaire peut être partiellement ou pleinement acidifiée. De ce fait, plus la ration est acidifiée, plus la PTH est active et plus la calcémie (quantité de calcium dans le sang) sera haute dans les heures suivant le vêlage. Évidemment, un programme pleinement acidifié est à favoriser lorsque la régie le permet. Puisque tout se joue dans les semaines précédant le vêlage, avoir des outils de validation est plus qu’essentiel pour s’assurer d’obtenir une lactation performante. De façon rapide et facile, cette stratégie alimentaire peut être vérifiée par l’intermédiaire des pH urinaires, et ce, avant le vêlage. Ainsi, il est possible de réagir rapidement et de rester en contrôle si un réajustement du dosage d’anions est nécessaire. En second lieu, il est toujours possible de valider l’efficacité du programme en déterminant la calcémie 48 heures après le vêlage. L’objectif à atteindre lorsque l’on travaille avec un programme pleinement acidifié est un pH urinaire variant entre 5,5 et 6,0. Toutefois, plusieurs facteurs autres que le dosage des anions influencent l’efficacité du programme. Pour s’assurer un succès en préparation au vêlage, avoir le contrôle sur ce que les vaches consomment est prioritaire. Différents paramètres sont donc à valider pour maximiser la réussite du programme et en voici quelques-uns à ne pas oublier :

 

1. Analyse minérale de l’eau

L’impact de la consommation d’eau durant la lactation est bien connu de tous, car la demande pour cet aliment est importante vu la production laitière. Toutefois, la consommation d’eau au  tarissement et en préparation au vêlage peut varier d’un individu à l’autre. Ainsi, une eau ayant un pH plutôt basique ou ayant une teneur en cations tels que le sodium ou le calcium peut jouer un rôle dans l’efficacité du programme alimentaire. Sans nécessairement recommander un traitement dans l’eau de boisson, il peut être pertinent de considérer l’analyse minérale de l’eau dans le dosage des anions, et ce, surtout si les résultats ne reflètent pas tout à fait ce qui a été prévu initialement.

 

2. Humidité de la ration

Tous les facteurs affectant le tri auront assurément un impact important sur l’efficacité du programme. Pour commencer, une ration trop sèche limitera l’adhérence des anions aux particules d’ensilage. Ainsi, il est possible que les anions soient malencontreusement balayés à la fin de la journée lorsque la mangeoire sera nettoyée. Ceci engendre évidemment des pertes économiques
en plus d’un programme alimentaire assurément inefficace. Pour éviter une telle situation, une matière sèche de 45 à 50 pour cent est visée.

 

3. Longueur des particules

La longueur de coupe des différents fourrages influence grandement le tri de la ration. Dans un monde idéal, on cherche à avoir des longueurs de coupe aussi uniformes que possible. Ainsi, la vache ne sera pas en mesure de sélectionner l’aliment qui l’attire le plus et, par le fait-même, la consommation des anions sera plus uniforme.

 

4. Présence d’une balle ronde ou d’un foin sec à volonté

La présence d’un foin sec à volonté ou l’accessibilité à une balle ronde, en plus d’une ration de base, peut influencer l’efficacité du programme, car ce type de régie limite le contrôle que nous avons sur la consommation des vaches. Ainsi, celles qui apprécient moins le goût des anions consommeront fort probablement plus de foin sec ou de balle ronde et donc la DACA réelle de leur ration consommée sera probablement bien loin de celle calculée par le programme alimentaire.
Toutefois, cette situation représente la réalité de bien des producteurs laitiers. En fonction des objectifs du producteur, il suffit de valider la meilleure approche en fonction de la régie actuelle.

 

5. Homogénéité du mélange

Il est bien connu qu’il y a parfois une différence entre la ration sur papier et ce que les vaches consomment réellement. Toutefois, cette variation ne doit pas être excessive et elle peut être due à une erreur humaine ou mécanique au niveau des quantités d’ingrédients ajoutés dans le mélangeur. Cependant, cette variation peut également être due à un manque d’homogénéité du mélange. Ce manque d’homogénéité peut, à son tour, être causé par de multiples facteurs tels qu’un mauvais ordre d’incorporation des ingrédients dans le mélangeur ou un mauvais temps de mélange.
Également, mélanger une trop petite quantité d’ingrédients dans un gros mélangeur peut causer une telle problématique. Cette situation est souvent observée dans les plus petits troupeaux où
on retrouve de plus petits groupes de vaches en préparation au vêlage. Il peut donc être pertinent de valider cet aspect.

 

6. Densité animale trop élevée

Un parc contenant trop d’animaux engendrera une variation de la consommation d’un individu à l’autre, car la compétition à la mangeoire risque d’être accrue. Par le fait-même, si la consommation est variable, les résultats varieront tout autant. Cet aspect est d’ailleurs important, peu importe la stratégie alimentaire choisie.

Évidemment, la totalité des facteurs n’a pas été abordée ici. De plus, certains sont davantage applicables à la stabulation entravée et d’autres à la stabulation libre. Toutefois, ces principaux facteurs vous permettront de vous poser les bonnes questions et de valider certains points de régie qui seront tout autant profitables en lactation qu’en préparation au vêlage. Ayant un impact  financier important, l’hypocalcémie est une problématique qui mérite qu’on y accorde de l’attention. Le contexte actuel en production laitière amène les producteurs à être davantage
efficaces et performants. Mettre l’emphase sur la préparation au vêlage est donc l’une des façons d’atteindre cet objectif.

Gabrielle L. Dumas, agr., DCL nutrition + santé animale

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